La philo de Lau

Parce que c’était lui, parce que c’était moi

 

 

 

 

Dans le film Mon ange (de Harry Cleven), elle est aveugle, lui est invisible. Ils tombent amoureux l’un de l’autre. Jusqu’au jour où elle va retrouver la vue…

A travers ce film qui se rapproche d’un conte, toute la question de l’amour véritable est posée.

Qu’est-ce qui nous attire chez l’autre? Le physique est important pour la plupart des gens mais tomber réellement amoureux de quelqu’un ne serait-ce pas quelque chose qui nous dépasse, qui parle d‘âme à âme?

Pour ma part, ce que je vois de l’autre, physiquement, est important mais avec le temps et mes propres expériences amoureuses, je remarque la différence qu’il y a entre l’attirance physique: cet homme me plait physiquement, je suis attirée, point et le véritable sentiment amoureux: cet homme me fait vibrer, ce qu’il dégage me transporte, j’aime ce qu’il est sans vraiment savoir expliquer pourquoi.

On peut vite se retrouver dans une relation qui ne nous convient pas juste parce qu’on a eu une attirance physique, sans écouter ce que l’on ressent réellement en présence de cette personne (et souvent une petite voix intérieure nous crie de faire gaffe mais le manque affectif prend le dessus).

Préférer ce qu’on a que de se risquer à ne rien avoir du tout. Pourtant, pour avoir ce que l’on désire il faut faire de la place, du vide. Ce qui veut dire passer par une phase de décision, sauter dans l’inconnu et s’occuper de soi.

Je ne pense par qu’il faille être complètement épanoui seul, avoir résolu tous ses problèmes et n’avoir besoin de personne pour rencontrer la bonne personne (ce qui est rare, quand on ne devient pas égoïste et aigri). Les livres de développement personnel nous font croire aujourd’hui qu’il faut être tout le temps heureux et complet tout seul pour vivre une relation amoureuse sereine.

C’est faux. C’est vrai qu’il faut arriver à s’assumer, apprendre chaque jour à se trouver sympa et pas si mal que ça parce que passer un message de désespoir genre « aimez-moi, n’importe qui, pourvu que je ne sois pas seul(e)! » ou de sauveur « je ne m’aime pas donc trouvez-moi un(e) perdu(e) à sauver que je me sente utile et aimable! » n’est pas très sain et prometteur. Par contre, faire avec qui on est, apprendre à se connaître, apprendre de ses erreurs au lieu d’en vouloir au monde entier et surtout à ses ex, permet d’attirer une personne qui sera sans doute sur le même genre de chemin que celui sur lequel on est. Une personne qui aura des choses à vous donner mais qui pourra aussi vous mettre face à vos déficiences avec bienveillance. Parce que la personne idéale n’existe pas mais la bonne personne au bon moment et qui résonne avec qui je suis ça existe.

Par rapport à ce film, la question d’exister pour l’autre est essentielle également. Pas exister pour ce que je peux apporter à l’autre pour que lui se sente vivant et moi inexistant. Non, que j’existe aux yeux de l’autre pour qui je suis aujourd’hui, comme je suis. Et d’être totalement accepté et aimé pour ça.

Je crois aussi que le véritable amour peut aider à guérir des personnes qui se guérissent déjà elles-mêmes parce que le vrai amour est frais, simple, généreux et léger. Ce qui va nous énerver chez l’autre ne va pas nous donner envie de mourir ou de nous détruire, ce qui va nous énerver chez l’autre va simplement refléter quelque chose chez nous ou faire partie d’une personnalité que l’on aime avec ses défauts et ses qualités.

Tomber vraiment amoureux ne s’explique pas rationnellement. C’est juste « parce que c’était lui, parce que c’était moi » comme disait Montaigne.

 

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