La philo de Lau

Dis papa, pourquoi tu ne m’aimes pas?

papa

Il était une fois une petite fille qui aimait beaucoup son papa mais son papa ne savait pas quoi faire de toute cette affection et cet amour. Il fit ce qu’il put pour s’occuper d’elle mais comme il ne gérait pas ses émotions, il se mettait parfois très en colère. Jusqu’au jour où il donna une gifle tellement forte à la petite fille que le pompon de son bonnet s’arracha… Elle avait 5 ans et décida dès ce jour d’être la plus parfaite possible pour ne plus mettre son papa en colère…

La petite fille grandit dans l’espoir de rendre son papa heureux. Elle sentait tellement cette haine et cette tristesse en lui. Mais lui, au fur et à mesure des années, trouvait de plus en plus refuge dans l’alcool et se repliait sur lui-même, rongé par une colère permanente.

La petite fille grandit dans la croyance que pour exister elle devait se faire crier dessus et vivre dans la violence. Si les gens se mettaient en colère c’était très certainement de sa faute. Elle avait dû faire quelque chose de mal et puis de toute façon, elle n’en valait tellement pas la peine. Ben oui, à chaque fois qu’elle se disputait avec son papa il lui disait des choses très méchantes et il la frappait. Et comme il ne pouvait certainement pas détester son propre enfant c’est que ça devait être ça l’amour.

Elle essayait de sortir son papa de l’alcool. Elle essayait de sortir son papa de sa maladie. Elle essayait de sortir son papa de la haine de lui-même.

Elle écoutait les histoires de ce père incapable de dire « je t’aime », « tu me manques » ou simplement « j’ai envie de te voir ». Elle devenait la mère thérapeute de son propre père.

Elle pardonnait tout. Elle acceptait tout. Elle voulait être aimée à tout prix par son père absent à lui-même.

Elle a essayé, évidemment, de reconquérir cet amour inaccessible à travers un homme, violent et distant. Elle a ensuite idéalisé un autre. Puis elle a encore cherché à se faire aimer par des hommes incapables de s’aimer eux-mêmes.

Peut-être était-il temps d’enfin chercher l’amour ailleurs?

Cette petite fille devenue adulte est alors partie à la conquête de ce petit être abandonné et apeuré en elle. Son enfant intérieur avait besoin d’être enfin écouté et cajolé. Elle s’est alors mise à l’écouter parler ses rêves. Lui dire que c’est possible. Lui dire qu’elle est belle et digne d’être aimée. Lui dire que ce n’est pas sa faute, que ça n’arrivera plus, qu’elle est là pour elle. La laisser pleurer, sortir sa colère puis l’apaiser…

Ensemble elles ont pu mettre les limites aussi à ce père qui se détruisait. Dire stop quand il fallait, même si ça ne plaisait pas à tout le monde. Elles n’avaient plus peur de ne pas être aimée parce qu’elles étaient devenues inséparables, fortes, confiantes.

Chemin faisant, ces deux là font la paire et ne se quittent plus. La petite fille devenue adulte marche main dans la main avec son enfant intérieur pour apprendre à vivre cette relation manquée. A s’aimer. A avoir de la gratitude pour ce père qui lui a donné la vie même si lui, malheureusement, n’a jamais pu la vivre pleinement.

Thanks, peace and love dad.

 

5 reflexions sur “Dis papa, pourquoi tu ne m’aimes pas?

  1. Thierry Geuns

    Bonsoir Laurence, c’est vraiment un très touchant partage remplis de sincérité, d’honnêteté et de BON SENS. Comme toi et de beaucoup de personnes je pense que nous n’avons pas eu la « chance « de grandir de ce construire et d’apprendre a s’aimer intérieurement. Malheureusement je pense que cela viens d’un héritage familiale dans lequel je me reconnaît aussi dans cette souffrance qui n’est verbaliser et donc pas assumée au seins de la famille et ainsi très souvent nous reproduisons le cycle que nous connaissons. Très souvent nous laissons notre passé construire notre présent et donc notre futur tous cela je pense pour fuir nos émotions et nos sentiments on a peur de se montrer et tous les comportement mal seins mis en place pour ce fuir et dans les fait rien n’est a sa place. MAIS dés L’OR que comme tu le fait tu en parle avec cette simplicité qui te caractérise et cette ouverture et cette position d’enfant intérieure devenue adulte. Je pense que tu casses ce cycle de comportement malsains qui pour ma part ma conduit aussi dans une souffrance extrême intérieurement .Je pense que tu as beaucoup de courage et de volonté. Pour en finir peut IMPORTE les études ne t’arrête pas d’écrire et de partager car tu as une très belle écriture d’âme et puis tu vois ca donne envie de partager aux AUTRES. Je pense que c’est la plus belle chose de l’écriture et au diable ce que pense certains. Merci Laur ence ….

    1. admin Auteur de l'article

      un tout grand merci Thierry! Recevoir des partages comme le tien ne peut que donner envie de continuer. Je suis contente que ce texte puisse te toucher d’une façon ou d’une autre. Merci d’avoir partagé ton ressenti. 🙂

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