La philo de Lau

J’ai raté ma vie et j’en suis fière!

 

J’avoue que le titre de cet article est un peu dans la lignée de ceux qui ont l’air d’annoncer un scandale ou une grande nouvelle et ne contiennent finalement aucune information. J’avoue que j’essaye aussi de faire le buzz comme je peux vu que je ne m’appelle pas Kim Kardashian et que je n’ai surtout aucune envie de poser nue dans des arbres!

Bref, j’ai raté ma vie et j’en suis fière! A l’heure où Facebook nous bombarde de réussites en tout genre: « Année réussie, diplôme en poche! » ou « Notre petit Barnabé est né! La famille est au sommet du bonheur! » ou encore « Maison achetée, vive notre nouvelle vie! », j’ai envie d’écrire: « Encore une année scolaire ratée! youhouuuu! », « je loue un minuscule studio! Youhouuuuuu! », « Examen d’entrée pour une nouvelle école raté! Youhouuuu! » ou « tout ce que je mets en place foire, ma vie est un échec total! Youhouuuuu! »

Evidemment, sur Facebook on ne met pas ce genre de choses… ou alors il faut que ce soit vraiment grave pour en valoir la peine.

Je me suis alors demandé ce que c’était vraiment de réussir quelque chose. Bien sûr la plupart des gens sont heureux de partager leurs réussites et je le fais aussi mais quand on « rate » est-ce qu’on est vraiment en train de rater ou est-ce qu’on se rapproche de plus en plus de ce que l’on veut?

Pour ma part il y a deux catégories: 1) les choses que j’ai ratées par peur de réussir (oui c’est masochiste mais la réussite me fait peur!), par autodestruction (toujours dans l’optique de ne pas réussir et donc oui je suis un cas!) et/ou par manque de confiance. 2) les choses que j’ai ratées parce que ce n’était pas ce qui me convenait et qui m’ont fait comprendre vers quoi j’allais.

Le plus dur est de faire la différence entre l’échec « destructeur » et l’échec « constructif ». Je ne suis pas psy donc je ne vais bien sûr pas vous donner la solution (d’où l’article qui ne sert à rien!) mais la réflexion sur le sujet permet de relativiser et de positiver.

On me dit souvent que je vis dans le monde des Bisounours et j’assume parce que la vie est déjà assez dure pour encore s’enfoncer des clous dans la tête qui ne feront rien avancer. Le monde de Bisounours que je construis vient d’un monde de dragons et de sorcières dans lequel j’ai grandi et où je ne veux plus retourner. Tout ça pour dire que chaque chemin est différent, il y en a des plus faciles que d’autres, le seuil de souffrance est subjectif et oui, il y a toujours mieux mais il y a surtout toujours pire.

Aujourd’hui Facebook nous renvoie des images qui ne reflètent pas la réalité et chaque échec nous rapproche de notre but. Même quand on est au fond du trou, il y aura toujours une raison valable d’être passé par là mais s’apitoyer sur son sort n’a jamais aidé personne. Je ne dis pas non plus qu’il faut faire semblant que tout va bien quand tout va mal mais il existe des solutions à beaucoup de problèmes. Pleurez un bon coup, hurlez puis relevez-vous et allez chercher ce qui vibre en vous. Ce pourquoi vous êtes ici. Quelles sont vos valeurs, vos dons. Vous en avez. C’est sûr! Si, si!!

Pour conclure, je n’ai pas (encore) raté ma vie (oui j’ai menti pour attirer votre attention) mais j’ai un parcours très chaotique qui prend forme petit à petit au gré de mes évolutions et révolutions intérieures. Et les « échecs » que je vis aujourd’hui ne sont plus des autodestructions mais des constructions de mon identité. Je pourrais avoir ou faire d’autres choses mais chaque choix que l’on fait demande des conséquences choisies en âme et conscience. Tu veux un diplôme? Fais-le mais tu construiras ta vie autour de ça. Tu veux vivre tes rêves? Fais-le mais ça demandera de faire des choix. Le plus important, à mes yeux, est de faire ce qui se rapproche le plus de nos valeurs et le reste sera déjà plus facile à assumer. Trouver son « pourquoi » on fait les choses peut aussi aider mais ça peut aussi parfois prendre du temps et ce n’est pas grave. Il faut bien commencer quelque part

Je vous souhaite de trébucher mais de surtout vous relever et continuer à avancer, quoi qu’il arrive…

 

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