La philo de Lau

Je t’aime. Moi non plus!

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Suite à la conférence de Thérèse Hargot: « C’est quoi ce bordel avec l’amour », j’ai compris quelques fonctionnements que je n’avais pas encore intégrés jusqu’ici, et ce malgré mes nombreuses recherches sur le sujet depuis près de 30 ans (oui, je me suis mariée à l’âge de 6 ans, c’est dire si ma recherche sur l’amour fut précoce!)

Ce qui a été la plus grande révélation pour moi c’est le fait qu’on construit son identité à la fin de l’adolescence, début de l’âge adulte. Elle conseillait donc au jeunes de profiter de leur jeunesse pour apprendre à se connaître et voir le monde. C’est là que j’ai réalisé que j’étais entourée de jeunes de 17 à 25 ans et que mon âge mental devait être resté bloqué à cet âge…

Après mûre réflexion (malgré mon jeune âge mental) j’ai réalisé qu’au moment de construire mon identité j’étais en couple. A 16 ans je sortais avec mon premier amour avec qui je suis restée jusqu’à 18 ans. Et pour couronner le tout c’était un amour hyper fusionnel. Au point que j’avais des crises d’angoisse quand j’étais loin de lui.

Quand je l’ai quitté j’ai beaucoup pleuré mais j’avais cette envie dont parle Thérèse Hargot de découvrir le monde et ce que j’aimais, qui j’étais et vers quoi je voulais aller. Malheureusement, à 19 ans, mon père me mettant à la porte de la maison, il a fallu que j’entre dans l’âge adulte violemment. Et c’est donc naturellement que je me suis mise en couple avec un homme 11 ans plus âgé que moi avec qui j’ai eu ma fille. Boum! Fini la recherche d’identité. Finalement, à 23 ans j’étais mère célibataire et serveuse au chômage. Aujourd’hui je suis mère épanouie, étudiante, artiste, yogi, touriste professionnelle et bien d’autres choses encore (mais laissons-en un peu pour d’autres articles) mais j’ai du construire mon identité plus tard que prévu.

Je vous passe les détails de ma vie amoureuse jusqu’à aujourd’hui mais il est clair que pendant des années j’ai cherché le prince charmant qui me comprendrait et me sauverait de ma misérable vie. J’ai passé le plus clair de mon temps à me remettre d’une relation ou à en chercher une. Seule, je me sentais vide. En couple j’étais malheureuse.

Bien sûr toutes les histoires ne se valent pas. Certaines sont plus tragiques que d’autres. Ceci dit, je pense et j’en suis de plus en plus persuadée, le bonheur ne peut se trouver qu’en soi. Parmi les autres certes, mais pas en dépendant des autres. A chacun de découvrir sa recherche spirituelle et personnelle.

J’ai accumulé les « je t’aime moi non plus » parce que je préférais être mal accompagnée que seule. Je ne blâme pas mes ex amoureux parce qu’on s’est souvent déchirés à vouloir faire de la relation un rond qui rentrerait dans un carré. Parce que ma vie comptait moins que celle de quelqu’un d’autre. Parce que j’ai accepté des choses inacceptables. Parce que j’ai fait des choses inacceptables. Parce que je ne connaissais pas mes limites. Parce que j’ai cru appartenir à l’autre et que l’autre m’appartenait. Parce que je voyais un potentiel en l’autre. Parce que j’ai essayé de garder ma liberté parfois mais je préférais la prison, je la trouvais plus sécurisante. Parce que je ne m’aimais pas.

Aujourd’hui ma vision du couple a changé. L’amour est un plus dans ma vie. Parce que l’amour ne dépend pas d’une seule personne. L’amour est partout et avec beaucoup de monde. J’apprends aussi à discerner la bienveillance du vampirisme. On ne peut pas aimer tout le monde et il y a des gens qu’il vaut mieux apprendre à éviter. Dire non c’est aussi s’ouvrir à de plus belles choses. Être un plus dans la vie de l’autre parce que les gens incompatibles se font du mal. On est tous le vampire de quelqu’un aussi. Personne n’a de droit sur personne.

Je remercie ces histoires parce que malgré elles, j’ai toujours appris quelque chose sur moi. J’ai construit mon identité à travers des couples dysfonctionnels mais il m’aura fallu des périodes de solitude pour intégrer tout ça.

Apprendre à devenir son meilleur ami est le plus beau cadeau de liberté qu’on puisse se faire.

Apprendre à s’aimer est la graine qui va permettre de s’enraciner, au-delà de toute les tempêtes.

Tout ce qui vient en plus c’est du bonus.

 

2 reflexions sur “Je t’aime. Moi non plus!

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