La philo de Lau

Je ne vais pas bien, tout va bien!

 

 

A l’heure où je vous parle (9h41 du matin), il y a déjà un nombre affolant de gens qui se sont levés hyper tôt (même 7h30 je trouve ça tôt!) pour réaliser leurs rêves, faire du yoga ou juste prendre un peu de temps pour eux pendant que d’autres (comme moi) commencent seulement leur journée.

A midi, ce gens auront respecté un agenda bien organisé et déjà mangé équilibré deux fois pendant que moi j’aurai encore craqué sur un pain au chocolat avec un Cappuccino (oui le lait est mauvais pour la santé, on sait!) en me promettant de faire mieux demain matin et que j’envisagerai sûrement un cornet de pâtes quand j’aurai faim dans l’après-midi (oui le gluten est… on sait!).

En fin de journée, ils feront un petit récapitulatif de leur productive journée, anticiperont leur futur pour la semaine, les 5 ans à venir et auront clairement en tête leur projet de vie. Ils méditeront pendant que le repas qu’ils avaient déjà prévu le dimanche pour le mercredi sera en train de mijoter.

Ils ont un coach sportif, un coach de vie, un prof de yoga, une famille qui semble équilibrée, un job qui semble leur convenir et un chien qui dort au coin du feu. Ha oui, donc ils ont un beau feu ouvert dans leur belle maison avec, bien sûr, un beau tapis en peau d’ours (imitation j’espère) pendant que moi je cherche ma voie en cherchant mes affaires dans mon petit studio, que je n’ai de nouveau pas respecté mon agenda, que je ne fais pas assez de yoga, que je me promets tous les jours de manger plus équilibré et que surtout, je n’arrive vraiment pas à me lever tôt! (je ne suis pas forcément un exemple non plus…)

Suis-je donc anormale? Oui, sans doute… mais je me suis fait une raison! Dans cette nouvelle ère du bien-être et du « je vais bien tout va bien » ne court-on pas après trop de performance, de bien-être forcé et de superficialité? Est-ce vraiment grave d’aller mal, de se poser des questions existentielles et de ne pas avoir des réponses instantanées? De refuser de se bourrer de petites pilules roses pour rester un membre productif de la société, de se bourrer de pilules bleues pour être un conjoint actif au sein de son couple et de petites pilules de je ne sais quelle couleur pour anesthésier des enfants un peu trop « différents » et « actifs »?

Je ne dis bien sûr pas que c’est génial de rester dans son lit toute la journée à déprimer et d’être aussi désorganisé que moi. Ce qui me semble important c’est de savoir ce que l’on veut changer pour savoir vers quoi on veut aller, en sachant qu’on ne peut pas changer tout du jour au lendemain et que personne n’est parfait. Arrêter aussi d’être rentable à chaque minute et d’en plus culpabiliser parce qu’on ne l’a pas encore été assez…

Pour prendre mon exemple vu que c’est celui que je connais le mieux, j’ai toujours été une personne passionnée qui commençais des choses et ne les finissais pas toujours. J’ai pourtant malgré tout accompli des choses mais il y en a d’autres qui sont toujours sur le feu (comme terminer mon 1er roman par exemple) pas uniquement parce que j’étais mal organisée mais surtout parce que je ne croyais pas en moi et préférais faire des choses plus confortables pour moi ou me trouver des excuses. J’ai déjà essayé les plannings et me lever plus tôt pour ne faire que ça pendant une heure ou deux mais si je n’y crois pas rien n’y fait!

Tout ça pour dire que même les choses qu’on a « ratées » peuvent être des réussites si on en retire ce dont on a besoin et qu’on continue surtout sans se dire que c’est trop tard ou en se cherchant encore des excuses. Souvent, c’est vrai, ça demande de la discipline mais ce n’est pas une discipline pour être comme la société veut que l’on soit. Et ce n’est pas grave non plus d’essayer des choses et de se rendre compte que ça ne nous convient pas. Le tout est de faire la différence entre ces choses qui ne nous correspondent pas et celles qui nous font peur parce qu’on n’ose pas croire qu’on en est capable et d’autodétruire ce rêve.

Après, je ne dis pas non plus qu’avoir une belle maison, un chien et un feu ouvert (j’avoue que j’en rêve secrètement) ne sont pas des choses malsaines, bien sûr ça peut faire partie d’une belle vie mais que ce n’est pas ça qui rend heureux. J’ai déjà vécu dans une maison qui ressemblait à celle-là et pourtant je me sentais plus vide que jamais…

Allez voir des psy, des coach, faites du yoga, des massages, levez-vous tôt si ça vous convient et faites tout ce qui peut vous faire du bien si vous voulez mais la première chose à faire c’est d’aller écouter cette petite voix à l’intérieur de nous qui est déjà un bon coach en soi parce qu’elle a un bon paquet de réponses… et parce que souvent quand on ne va pas bien c’est très bien parce que cette petite voix veut nous parler et quand on se met à l’écouter on risque de pleurer, crier, trembler, ça peut faire peur mais c’est là que se trouve la vraie liberté…

7 reflexions sur “Je ne vais pas bien, tout va bien!

  1. j Maget

    On n’est comme on naît, assez nu. Un morceau de quatrième, et son cinquième prolongement. On n’avance pas si on avance rien. On se regarde se regarder dans le miroir des pourquoi culpabilisants . En attendant les comment qui commandent.

  2. Mageren

    Etre heureux cest etre sois moi et fidèle à sois même Quoi quil arrive ou que l’ont sois et Avec qui que l’on soit 🙂

  3. dejardin

    Savoir qui l’on est vraiment sans en avoir trop peur aide à savoir ce que l’on veut être avec moin de peur… Magnifique article d’une magnifique personne…

    1. admin Auteur de l'article

      Merci! Magnifiquement dit! Et en rajoutant qu’il y a des personnes qui contribuent fortement à devenir la meilleure version de soi-même…

      1. dejardin

        Lorsque l’on se rend compte que l’on est un bijoux pour soi-même car on a appris à accepter toutes nos réelles qualités mais qu’en plus de cela si l’on peut trouver un bijoutier afin de polir les dernières facettes de sa personnalité alors là on peut admirer que l’union de deux êtres dans la vie peut être magnifiquement vécue…

  4. Steph Ciyan

    Tjrs autant fan de ta réflexionite aiguë hihi
    En complément, je dirais qu’il faut savoir se respecter soi-même, au-delà de de cette dualité spirituelle – corporelle … de l’esprit et de son corps, sa machine j’entends …
    Enfin lors de cette prise de conscience…
    Ne faudrait il pas, afin de réellement commencer le 1er jour de sa 2ème vie, apprendre à s’aimer soi-même, pour sincèrement aimer les autres…
    Sans en être en arriver à un égocentrisme démesuré ou au narcissisme non plus
    Peut être l’envie de devenir plus. … de tout… qui nous pousserait, comme tu l as si bien écrit, à discipliner et faire grandir notre petite voix intérieure…
    N oublions pas que ce qui nous freine pour avancer dans la vie… se trouve face à nous dans le miroir…
    Toujours autant de plaisir à lire ces lignes colorées de matière grise. …
    Amitiés voyageuses….
    Steph…

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